La recherche au Lacito

Opérations de recherche en cours

Indexicalités langagières et sociales

 

Séminaire actuellement suspendu 

« Indexicalités langagières et sociales » (2017-2019)
Séminaire en anthropologie linguistique validable
par les étudiants inscrits à l’ED 622 (Paris 3), à l’ED 265 (INALCO) ou à l’ED de l’EHESS

Notion classique en linguistique, en particulier à travers l’étude de la déixis (depuis Bar-Hillel, 1954), l’indexicalité a été mise en valeur en anthropologie par les travaux des ethnométhodologues (Dodier, 2001) en tant que propriété du langage (ou pratiques signifiantes non verbales) pour marquer la référence au monde en contexte et pour faire sens. On peut, en suivant Michael Silverstein (2003), distinguer deux sortes d’indices : ceux qui sont dépendants du contexte (par exemple, les déictiques) et ceux qui créent le contexte, présupposant ou entraînant – pour employer les termes de Silverstein – des relations et/ou des situations sociales particulières. Nous nous intéresserons dans ce séminaire à la manière dont les rapports sociaux se manifestent dans l’indexicalisation à partir des usages du langage étudiés en situation et d’analyses ethnographiques fines des différents types de performances (littérature orale, cultures populaires, discours politiques ou religieux, rituels, langages musicaux et gestuels) et des modes de communication (direct ou médiatisé, par exemple l’usage des nouvelles technologies telles que les téléphones portables ou internet). Analysant les mécompréhensions d’un échange en contexte ethnographique, Fabian (2000 : 88) met par exemple en valeur comment l’interprétation peut parfois se heurter à un point d’achoppement qui révèle la globalité de la situation dans sa complexité. Nous interrogerons ainsi l’indexicalité en tant que révélatrice de rapports sociaux, qu’ils soient de domination ou égalitaires, conflictuels ou non, mais aussi à tout ce qui, dans les usages langagiers, peut être source d’incompréhension ou de mauvaise interprétation.

Lieux : salle de conférence du CNRS à Villejuif et salle de visioconférence du centre IRD de Ouagadougou, Burkina Faso. Le séminaire est retransmis en visioconférence entre les deux sites.

Les séminaires auront lieu tous les mois, le jeudi de 11h00 à 13h00, du 11 octobre 2018 au 16 mai 2019.

 

Exposés

16 mai 2019 Exposé d'Yves Erard (Maître d'enseignement et de recherche, Université de Lausanne, Suisse) sur S'accorder avec un enfant sur ce qu'il y a à voir quand on lui montre quelque chose à nommer

Résumé :
L’acquisition du langage chez l’enfant fournit un terrain ethnographique particulièrement propice à l’observation de la dissymétrie dans les rapports sociaux. La compréhension et l’incompréhension indexicale entre l’adulte et l’enfant ont été abordées dans ce domaine par les études de Tomasello sur l’attention conjointe qui font désormais référence en matière d’acquisition de la déixis. En s’inspirant des arguments qu’avance Wittgenstein sur la définition ostensive dans les Recherches philosophiques (2005), Tomasello (2003) montre comment l’intention partagée joue un rôle clé dans les scènes d’attention conjointe qui permettent à l’enfant d’apprendre la signification des mots au cours de son développement langagier. Il insiste particulièrement sur la théorie de l’esprit que l’enfant doit maîtriser pour comprendre l’intention de celui ou celle qui lui montre un objet qu’il nomme. Il décrit cette capacité spécifiquement humaine comme une projection qui nous fait considérer l’autre comme un même (like me). Dans son livre L’animal que je ne suis plus (2011), Bimbenet reprend les analyses de Tomasello tout en développant l’idée que l’intention partagée n’émerge pas avec l’apparition de l’autre comme un même, mais justement comme un autre. Que l’acquisition du langage ait la figure de l’autre comme condition d’émergence met d’emblée la problématique de l’indexicalité en lien avec celle des rapports sociaux. Elle a aussi pour conséquence de montrer l’importance de l’autre dans notre propre expression linguistique, ce qui ne devrait pas laisser indifférente l’anthropologie.
En m’inspirant de Stanley Cavell (2012) j’aimerais développer l’idée qu’apprendre à parler est une initiation à une forme de vie. Ma méthode (Erard 2017) sera celle d’une anthropologie visuelle qui développe une attention particulière aux détails des interactions (ou jeux de langage). En effet, comme le souligne Das, « agreement in forms of life, in Wittgenstein, is never a matter of shared opinions. It thus requires an excess of description to capture the entanglements of customs, habits, rules, and examples. » ( Das 1998 : 176)
Références :
— Bimbenet, E. (2011). L’animal que je ne suis plus. Paris: Gallimard.
— Cavell, S. (2012). Les voix de la raison: Wittgenstein, le scepticisme, la moralité et la tragédie. Paris: Ed. du Seuil.
— Das, V. (1998). « Wittgenstein and Anthropology » in Annual Review of Anthropology, Vol 27, pp. 171-195.
— Groupe Anthropologie et Théâtre. (2013). Des accords équivoques. Ce qui se joue dans la représentation. BSN Press.
— Erard, Y. (2017). Des jeux de langage chez l’enfant: Saussure, Wittgenstein, Cavell et la transmission du langage. Lausanne: BSN Press.
— Tomasello, M. (2003). Constructing a language: a usage-based theory of language acquisition. Cambridge, Mass. [etc.]: Harvard University Press.
— Tomasello, M. (2004). Aux origines de la cognition humaine. Paris: Retz.
— Wittgenstein, L. (2005). Recherches philosophiques. Paris: Gallimard.

11 avril 2019 Exposé d'Alexandra Pillen (Université de Londres, Grande-Bretagne) sur A space of one's own in language. The reflexive pronoun in Kurdish (Kurmanci)

[Son propre espace dans le langage. Le pronom réfléchi en Kurde (Kurmanci)]

Résumé en français :
Le mot kurde berxwedan s’entend aujourd’hui comme « résistance, endurance, révolte ». Dans son centre, nous trouvons xwe, le pronom réflexif traduit comme propre, ou one’s own en anglais, et das eigene en allemand. Une anthropologie linguistique fondée sur les travaux de Don Brenneis et David Parkin propose des faits empiriques pour documenter le rôle actuel de ce pronom. Xwe prévaut aujourd’hui à Londres suite à près de 52 siècles d’histoire documentée de mots imputables à la racine indo-européenne *swe. Les oeuvres d’Émile Benveniste, de Mehmûdê Bazîdî et d’Alexandre Jaba fournissent une base solide pour explorer sa pertinence contemporaine. En tant qu’instance de résonance segmentaire dans le langage, xwe fait allusion à un espace propre dans le langage.

14 février 2019 Exposé de Boukary Boro (Université de Ouagadougou, Burkina Faso) sur Indexicalités dans les noms de combat des jeunes lutteurs san (Burkina Faso)

Résumé :
Les Sanan sont culturellement identifiés au Burkina Faso par leur aptitude à la lutte traditionnelle. Cette pratique sportive constitue en effet la principale occupation des jeunes ruraux à la fin des travaux champêtres. Des tournois de lutte sont ainsi régulièrement organisés dans les villages durant la saison sèche, au cours desquels les jeunes hommes s’affrontent par quartiers ou par villages, très souvent dans le seul esprit de domination et d’honneur ou, de plus en plus, guidés par des motivations économiques, notamment pour les compétitions primées.La pratique de la lutte sportive, toujours sous-tendue par l’esprit de concurrence, a vu se développer, parallèlement, un système d’auto-nomination. Les lutteurs s’attribuent en effet des noms de combat pour se distinguer. La portée sémantique de ces noms est censée intimider les concurrents, cela, même dans d’autres occurrences sociales autres que la lutte. La performativité de ces noms dépend non seulement de la capacité de leurs porteurs à se mettre à la hauteur de l’enjeu social dans lequel ils se produisent, mais aussi du niveau d’engagement des challengers.Dans cet exposé, nous présenterons, à partir d’exemples de noms de combats collectés au cours d’enquêtes ethnographiques, la dimension polysémique de ceux-ci suivant les contextes socioculturels dans lesquelles ils sont employés et le type de rapports sociaux sous-jacent qu’ils impliquent au quotidien. Nous montrerons notamment comment, à travers un procédé elliptique, le porteur du nom de combat indexe ses concurrents dans l’énoncé élogieux qui l’identifie. Les indexicaux utilisés, en l’occurrence, sont plutôt présents dans les parties allusives des noms. Celles-ci nient, invariablement, toute capacité aux éventuels challengers de gagner un quelconque défi, contribuant ainsi à sublimer la dimension performative de ces noms. Même si, a priori, le nom de combat vise à mettre en garde l’adversaire, il est aussi centré sur le porteur, dans la mesure où c’est un énoncé autolouangeur. Alors, il est marqué par un usage, encore une fois elliptique, d’élément déictique qui exprime le mieux l’autoglorification.

13 décembre 2018 Exposé de Suzie Telep (Université Paris Descartes) sur Performances politiques de l'afropolitanisme et indexicalité des rapports de race et de classe dans une association panafricaine à Paris
15 novembre 2018 Exposé d'Edwige Traoré (Centre de recherche scientifique et technique du Burkina Faso) sur Chants de hochet des femmes senufo du Tagbara (Burkina Faso). Quand identifier un personnage hors contexte crée de la confusion ou de l'incompréhension

(présentation en visioconférence depuis Ouagadougou)
Résumé :
Les chants de hochet appelé sɩ̀càɣɛ́ en Tagba sur lesquels porte notre communication sont exécutés par des femmes senufo du Tagbara précisément celles de Mahon, village situé à l’ouest du Burkina Faso dans la province du Kénédougou. Le sɩ̀cànɛ́ correspond à la fois à un instrument de musique et à un genre musical joué par des femmes qui sont désignées après une séance de divination et qui suivent une phase initiatique spécifique à cette activité. Le répertoire de chants met en scène des personnages par l’utilisation de déictiques, de pronoms anaphoriques, d’images métaphoriques. L’utilisation de ces éléments pour identifier un personnage mis en scène crée des confusions ou des mauvaises interprétations si celui qui écoute n’a pas connaissance du contexte socioculturel et de la situation de communication dans lesquels les chants sont émis ainsi que les rapports sociaux que les membres de la société entretiennent entre eux.
À travers cette communication, nous interrogeons l’indexicalité en tant que révélatrice de ces rapports sociaux. Il s’agira de montrer dans un premier temps, comment certains termes indexicaux comme les pronoms déictiques, les surnoms par exemple, peuvent être mal interprétés si l’auditoire ne fait pas appel au contexte de leur énonciation. Il s’agira de révéler ensuite, les rapports existant entre ces indices et les personnes concernées afin de voir ce qui, dans les usages langagiers des chanteuses, peut être source de confusion, d’incompréhension ou de mauvaise interprétation de la part d’un ou plusieurs auditeurs.

11 octobre 2018 Exposé d'Alice Fromonteil (Université Aix-Marseille) sur Dissonance indexicale. Créer la scène du récit dans les pratiques narratives à 'Uvea (Wallis, Polynésie occidentale)
17 mai 2018 Exposé de Stavroula Katsiki (université Paris 8) sur titre à préciser
5 avril 2018 Journée d'études autour des travaux d'Elinor Ochs et d'Alessandro Duranti (UCLA) "Indexicalités et jeux de langage. Perspectives anthropologiques : sociale et linguistique"

 

Journée d’études autour des travaux d’Elinor Ochs et d’Alessandro Duranti (UCLA)
« Indexicalités et jeux de langage. Perspectives anthropologiques : sociale et linguistique »

Jeudi 5 avril 2018
Campus CNRS de Villejuif
Salle de conférence du bâtiment L (sous-sol)
9h-18h
(en visioconférence avec l’IRD de Ouagadougou)

organisée par le Lacito et le Llacan dans le cadre des opérations de recherche et séminaires
« Indexicalités langagières et sociales » (Llacan, Lacito et Imaf)
et « Métaphore(s) : énonciation métaphorique en situation » (Lacito).

(programme en pdf)

 

Argumentaire

L’indexicalité constitue un thème-axe de recherche majeur au sein de l’anthropologie linguistique nord-américaine (Duranti, 2003, 2012), non sans avoir ouvert plusieurs voies d’enquête : par exemple, en explorant la production du sens en contexte (Duranti et Goodwin, 1992) ; en étudiant les articulations entre les indexicalités langagières (grammaticales) et sociales-interactionnelles (non-verbales) des conduites en situation de face à face (Goodwin 2016, 2011) ; en analysant les processus cognitifs et sociaux sous-jacent aux socialisations langagières de l’indexicalité (Ochs, 1988 ; Schieffelin and Ochs, 1986 ; Ochs and Schieffelin, 2016). La problématique de l’indexicalité est également devenue un thème central des débats théoriques en pragmatique (Koyama, 2009) auxquels les travaux des anthropologues (sociaux et linguistes) ne manquent pas de contribuer (Hanks, 2005 ; Silverstein 2003).

L’étude de l’indexicalité du langage dans ses usages sociaux et culturels est l’occasion pour les anthropologues linguistes d’étendre leurs enquêtes aux situations sociales, politiques, culturelles, d’un monde globalisé. Par-delà l’attention portée à l’indexicalité des pratiques langagières et communicationnelles, les projets de recherche des anthropologues linguistes croisent ainsi ceux des anthropologues sociaux et l’attention que ces derniers portent aux organisations sociales, aux représentations (ontologies) qu’elles génèrent ou présupposent, comme aux économies politiques des pratiques institutionnalisées. Les formations discursives que les discours du quotidien habitent sont indexicalement signifiées par les métaphores et les métonymies de nos usages rhétoriques, qu’ils configurent les jeux de pouvoir les plus discrets (micro) ou les plus visibles de la vie sociale ordinaire et publique.

   Pour leurs analyses fines des indexicalités langagières et sociales, les anthropologues sociaux et linguistes partent de situations que nous appelons (pour des raisons de méthodologie) « jeux de langage » (Duranti, 1997). L’expression rappelle que tout usage du langage est d’emblée inscrit dans une situation sociale et les rapports sociaux qui la définissent. Analysant les mécompréhensions d’un échange en contexte ethnographique, Fabian (2000) met par exemple en valeur comment l’interprétation peut parfois se heurter à un point d’achoppement – une mécompréhension des valeurs indexicales de certaines expressions du dialogue ethnographique – qui révèle la globalité de la situation dans sa complexité.

Nous interrogerons ainsi l’indexicalité en tant que révélatrice de rapports sociaux, qu’ils soient de domination ou égalitaires, conflictuels ou non, mais aussi à tout ce qui, dans les usages langagiers, peut être source d’incompréhension ou de mauvaise interprétation.

Les deux invités proposent des communications qui relèvent de deux problématiques suggérées dans ce court descriptif :
Alessandro Duranti : Misinterpreting indexes : for an anthropology of the unexpected.
Elinor Ochs : Indexing Neoliberalism for Infants.

Bibliographie

Duranti A., 1997. Linguistic Anthropology, Cambridge, Cambridge University Press.
— 2003. Language as Culture in U.S. Anthropology, Current Anthropology 44, 3, pp. 323-347.
— 2012. Anthropology and Linguistics, in R. Fardon et al., The SAGE Handbook of Social Anthropology, London, Sage Publications Ltd., pp. 12-23.

Fabian J., 2000. Ethnographic misunderstanding and the perils of context, in B. Masquelier et J.-L. Siran (éds), Pour une anthropologie de l’interlocution. Rhétoriques du quotidien, Paris, L’Harmattan, pp. 81-106.

Goodwin C., 2016. L’organisation co-opérative et transformative de l’action et du savoir humains, Tracés. Revue de sciences humaines hors-série, pp. 19-46.
— 2011. Contextures of action, in J. Streeck, C. Goodwin and C.D. Lebaron (eds), Embodied Interaction, Cambridge, Cambridge University Press, pp. 182-193.

Hanks W., 2005. Explorations in the Deictic Field, Current Anthropology 46, 2, pp. 191-220.

Koyama W., 2009. Indexically anchored onto the deictic center of discourse: Grammar, sociocultural interaction, and ’emancipatory pragmatics’, Journal of Pragmatics 44, pp. 79-92.

Ochs E., 1988. Culture and language development. Language acquisition and language socialization in a Samoan village, Cambridge, Cambridge University Press.

Ochs E. and B. Schieffelin, 2016. Acquiring Conversational Competence, London, Routledge.

Schieffelin B. B. and E. Ochs (eds), 1986. Language Socialization Across Cultures, Cambridge, Cambridge University Press.

Silverstein M., 2003. Indexical Order and the dialectics of Sociolinguistic Life, Language & Communication 23, pp. 193-229.

 

Duranti jamming with a graduate student
in 2009 on the terrace of the building
where the Anthropology Dept is located at UCLA

Comité d’organisation

Sandra Bornand (Llacan), Cécile Leguy (université de Paris 3-Sorbonne nouvelle / Lacito) et Isabelle Leblic (Lacito)

 

 

15 mars 2018 Exposé de Nathaniel Gernez (LESC) sur Travailler en famille dans une pépinière de la région d'Iringa en Tanzanie : usages du plurilinguisme et indexicalité des rapports d'autorité
15 février 2018 Exposé d'Alain Sanou (université de Ouagadougou, Burkina Faso) sur Indexicalités dans la littérature orale insurrectionnelle au Burkina Faso.
7 décembre 2017 Exposé de Maho Sebiane (docteur en ethnomusicologie) sur Pratique rituelle, discours et indexicalité : Réflexions préliminaires au croisement de l'anthropologie musicale et de l'histoire en Arabie orientale
9 novembre 2017 Exposé de Bertrand Masquelier (Lacito) sur Indexicalités et contextualisations pragmatiques : les domaines (et objets) de recherche en anthropologie linguistique
5 octobre 2017 Exposé de Kristin Vold Lexander (Center for Multilingualism in Society across the Lifespan, Oslo) sur Indexicalités à l'oral et à l'écrit - exemples sociolinguistiques

Résumé :
Les relations entre pratiques langagières et rapports sociaux sont au cœur de la sociolinguistique, qui en étudie différents aspects, en fonction des approches. Ainsi, les études classiques de Willam Labov (1972) sur la variation phonologique et de Carol Myers-Scotton (1993) sur le marquage ont-elles contribué à isoler des marques précises d’indexicalité, alors que les travaux plus récents s’intéressent plutôt aux processus, s’inspirant en cela de l’anthropologie et de Michael Silverstein (2003). Les travaux de Jan Blommaert et sa notion de «orders of indexicality» (2007) ont notamment suscité nombre d’analyses sur les constructions identitaires en interactions langagières, aux niveaux tant local que global. Barbara Johnstone et al. (2006), par exemple, décrivent les processus historique, idéologique et personnel qui ont pu former le dialecte de Pittsburghese. Dans cette présentation, je chercherai à cerner de plus près le développement du terme d’indexicalité et à déterminer son usage actuel, à travers des exemples qui illustrent ses divers emplois (tirés de son terrain au Sénégal). J’inclurai aussi des travaux portant sur les pratiques écrites, comme les paysages linguistiques (Lanza et Woldemariam 2014), aspect moins étudié que celui des pratiques orales.