Langues des Amériques

Langues étudiées

  • langues eskimo-aléoutes : inuit
  • langues otomangues : chocho, ixcatec, mazahua
  • langues indo-européennes parlées aux Amériques : romani

1. La famille eskimo-aléoute

Enseignant-chercheur : Marc-Antoine Mahieu
Doctorant : John-Samuel MacKay
Affilié : Vladimir Randa

La famille linguistique eskimo-aléoute (ou eskaléoute) occupe l’ensemble de l’Arctique américain. Elle correspond à la dernière vague de peuplement du continent via le détroit de Béring, à partir de 4500 BP. Elle comprend six langues vivantes : la langue inuit (dialectes du Groenland, dialectes de l’Arctique canadien, dialectes d’Alaska), quatre langues yupik (le yup’ik alaskien central, le yupik sibérien central, le yupik naukanski, le yupik alutiiq), et l’aléoute.

Au Lacito, les recherches menées dans le domaine eskimo-aléoute se concentrent sur deux régions de l’Arctique oriental canadien, où sont parlés les dialectes inuit désignés sous le nom d’inuktitut (36.000 locuteurs selon le recensement canadien de 2016) :
A. la région d’Igloolik, au Nunavut, où Vladimir Randa conduit des recherches ethnolinguistiques sur les relations des Inuit avec le monde animal ;
B. la côte de la baie d’Ungava et la côte de la baie d’Hudson, au Nunavik (Arctique québécois), où Marc-Antoine Mahieu mène des recherches de linguistique interne sur les différentes composantes de la langue.

Carte langues étudiées sur le continent Amériques

Fig.  Les langues des Ameriques parlées au LACITO

(détail de la carte générale du LACITO et explication de la couleur des épingles)

2. La famille otomangue

Chercheur CNRS : Evangelia Adamou
Doctorants : Erendira Calderon, Myryam Selene Ortiz-Torres

Au LACITO, nous travaillons actuellement sur les langues otomangues parlées au Mexique.

Evangelia Adamou a travaillé sur la documentation et la description de l’ixcatèque, une langue popolocane qui n’est plus parlée que par une poignée de locuteurs, la plupart âgés de plus de 80 ans. Les derniers locuteurs de l’ixcatèque vivent au village de Santa Maria Ixcatlan, dans la Mixteca Alta de l’état d’Oaxaca.

Erendira Calderon étudie les effets du bilinguisme sur la langue et la cognition de l’espace dans une autre langue popolocane très proche de l’ixcatèque, le chocho (dialectes ngigua et ngiba). Le chocho est très menacé, parlé au mieux par 500 à 1 000 locuteurs qui sont installés essentiellement dans quatre villages de la Mixteca Alta, dans l’état d’Oaxaca[1].

Miriam Selene Ortiz-Torres effectue sa thèse sur une description grammaticale du mazahua, une langue otopame.
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[1] Selon les estimations de l’Instituto Nacional de Estadísticas y Geografía (INEGI) et de l’Instituto Nacional de Lenguas Indígenas (INALI), tout comme celles du Summer Institute of Linguistics (USA).

3. Langues indo-européennes parlées aux Amériques

Chercheur CNRS : Evangelia Adamou
Post-doctorant : Pablo Irizarri van Suchtelen
Doctorant : Cristian Padure

Les recherches que nous menons actuellement au LACITO portent principalement sur le romani, une langue de la branche indo-aryenne de la famille indo-européenne, tel qu’il est parlé dans les Amériques. Pour la plupart, les Roms migrèrent vers les Amériques en suivant divers itinéraires dans le cadre de la plus large migration européenne du XIXe siècle. On estime qu’il y a entre 1,5 et 3,5 millions[1] de Roms dans les Amériques et pourtant on ne sait presque rien de leur langue ni de leurs pratiques langagières.

Un travail d’enquête a déjà été effectué sur le romani parlé dans deux pays de l’Amérique latine, au Mexique (E. Adamou et C. Padure) et au Chili (P. Irizarri van Suchtelen). Nous étudions tout particulièrement le bilinguisme romani-espagnol.
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[1] Les estimations les plus basses proviennent des Études Tsiganes (2012) et les plus élevées des organisations romani SKOKRO.

(Modifiée le 13 février 2018)